Unheimlich in LA
Yarisal & Kublitz
27.0912.11.11

French (english below) : Le mot allemand pour troublant est « unheimlich », littéralement « hors du foyer ». Les Allemands sentent bien que rien n'est plus étrange, ni peut-être plus inquiétant que de se sentir mal à l'aise chez soi, de sentir que l'architecture de notre vie quotidienne est devenue, pour une raison ou pour une autre, exquisément et inexplicablement bizarre. Dans les nombreuses sculptures présentées ici, Yarisal & Kublitz explorent la sphère domestique et la vie personnelle, interrogeant la psyché du soi au travers d'objets physiques. Quel degré de sentimentalité doit-on attribuer à un objet pour qu'il soit digne d'être exposé ? Pourquoi accumulons-nous tant d'objets pour meubler le quotidien? Quels sont les mécanismes du désir qui guident nos choix ?  
Dés l'entrée, plusieurs petites sculptures sont placées sur des étagères. Ces objets sont familiers, mais ils nous semblent étranges. Nous reconnaissons la plupart des éléments qui les composent; pourtant, leur juxtaposition les rend étonnants et mystérieux. Certains matériaux - plumes, dents - évoquent le vaudou.  
Dans la salle principale, les premiers objets qui attirent l'attention sont deux totems faits de livres et de béton. Les totems ont longtemps été des symboles du clan, de la richesse et du prestige de la famille, mais, dans ces tours de livres, ils sont un vibrant hommage aux oeuvres du génie humain; mais les voilà fermés à tout jamais, pour toujours fascinants de promesses non tenues d'un accès à la culture, d'une élévation spirituelle. Dans cette même pièce sont exposées des tapisseries Navajo aux couleurs de la vie ensoleillée de Los Angeles ; certaines d'entre elles ont été découpées et sont représentées en 3D dans des formes biscornues de céramique, qui jonchent le sol.  
Combinant l'esthétique des Indiens d'Amérique et celle de l'art minimaliste des années 50 à Los Angeles, la galerie devient le foyer d'un collectionneur excentrique où les esprits du passé et du présent se rencontrent.   

English : The German word for uncanny is “unheimlich”, which literally means "unhomely". Germans recognize that nothing is eerie or more unsettling than feeling ill at ease in your own home; feeling that the architecture of everyday life has somehow turned exquisitely and unfathomably awry. With the numerous sculptures in this exhibition, Yarisal & Kublitz explore the domestic sphere and ego by raising questions about the psychology of self-expression through physical objects. What level of sentimentality must be associated with an object for it to become shelf-worthy? Why do we gather and surround ourselves with so many objects in our everyday lives? Which mechanisms of desire trigger our selection?  
In the entrance, several small sculptures are placed on a shelf. The objects are familiar, yet foreign at the same time. Even though we recognize most of the elements, the way they are juxtaposed makes them mysterious and intriguing. The use of materials like feathers and teeth creates voodoo-like associations.  
In the main room, the first objects that catch your eyes, are two totem poles made of books and concrete. Totem poles were once symbolic marks of clan and family wealth and prestige, but in these towering book sculptures they have been reconfigured into tributes to man-made works of knowledge that are closed shut forever, becoming mysteriously compelling in their unfulfilled promise of spiritual cultivation. Another piece is a series of Navajo carpet wall hangings in the color palette of Los Angeles sun-drenched life, some of which have been cut out and are represented by three-dimensional, bruised ceramic shapes scattered on the floor.  
With the combination of Native American and Los Angeles minimalist fifties aesthetics, the gallery most of all feels like an eccentric collector’s home where past and present spirits meet.