Freedom of Vodka
Alexander Kosolapov
25.0901.11.14
 
 
 
 
 
 
 
(…) La sacralité de l'art et le sacré dans l'art sont des thèmes qui font l'objet de débats constants et passionnés. Depuis un millénaire, l'art, sous toutes ses formes, procède à une métamorphose permanente, s'éloignant des formes d'expression artistique religieuses pour mieux y revenir. Ces formes d'expression ont évolué, dans la mesure où une foi était remplacée par une autre ou qu'une idéologie chassait la précédente.
Mais l'homme contemporain, en sa conscience sécularisée, perçoit clairement l'écart entre un symbole sacré et l'expression artistique de ce même symbole. 
C'est dans les nervures, à la limite de ces systèmes que travaille Alexander Kosolapov. Son travail est connu des deux côtés de l'océan atlantique, il a déjà été exposé au Museum of Modern Art (MOMA) de New-York, au palais Albertina de Vienne, à la galerie Tretiakov et dans bien d'autres lieux. Ses œuvres suscitent un grand émoi en Russie et même des poursuites judiciaires. Elles sont tour à tour interdites, vénérées, achetées au prix fort et dérobées par les uns et les autres.
Kosolapov est né en 1943 à Moscou. Il a étudié à l'Académie des Beaux-Arts Stroganov, et s’est installé à New-York en 1975. Il est considéré comme l'un des fondateurs du Sots Art, un mouvement artistique né sous l'influence du pop'art américain, et dont l'une des caractéristiques est de jouer avec des symboles, soviétiques d'abord, puis issus du quotidien russe. Dans sa peinture, Kosolapov appose des formes connues de tous, issues de différents systèmes idéologiques, principalement capitalistes et communistes. Il obtient ainsi un effet inattendu et immédiatement frappant qui, dans un second temps, mène à réfléchir aux points d'affleurement de la culture et aux points cardinaux des constructions socio-politiques. 
Azamat Rakhimov
Azamat Rakhimov a interviewé Alexander Kosolapov à Genève en mars 2013, pour le magazine Nashagazeta.
Traduction : Emmanuel Nekic
 
 
 (…) Both the sanctity of art and sanctity in art are topics that fuel constant and heated debates. This is despite art in all its forms having survived more than just one metamorphosis over the last thousand years, moving away from forms of religious artistic expression only to return to them. It is clear that these forms of expression changed as one form of faith was replaced by another and as one ideology outperformed its predecessor. But contemporary citizens, with their secular consciences, make no mistake in spotting the difference between a sacred symbol and the artistic expression of it.  
At the very frontiers of these systems, we find the work of Alexander Kosolapov, whose exhibition opened this weekend at the Sébastien Bertrand Gallery in Geneva. His work is known on both sides of the Atlantic and can be found exhibited at the Museum of Modern Art (MOMA) of New York, the Albertina Palace in Vienna, the Tretyakov Gallery and many other places. Lately in Russia, his works of art have led to controversy and even to lawsuits. They are banned, loved, purchased for high sums and even stolen.
Born in Moscow in 1943, Kosolapov went on to graduate from the Stroganov Fine Art Academy. Later he moved to New York in 1975. He is held to be the founders of Sots Art, an artistic movement that emerged from the influence of American Pop Art. The movement was characterised by its reinterpretation, first, of Soviet symbols, and then of Russian day-to-day life. Kosolapov combines forms that are widely known but that come from different ideological systems, especially the capitalist and communist systems. The effect is unexpected and striking. At first it blinds, and then forces us to reflect on the mutual aspects of culture and the extremes of socio-political structures. 
 
Azamat Rakhimov
Azamat Rakhimov interviewed Alexander Kosolapov in Geneva on March 2013, for Nashagazeta magazine.