I Shall Be Free No. 10
John Phillip Abbott
07.1118.12.14

(English below)

La galerie Sébastien Bertrand est heureuse d’annoncer la première exposition en Suisse de l’artiste John Phillip Abbott (1975, Wisconsin, USA. Vit à Silver City, New Mexico, USA).

JOHN PHILLIP ABBOTT peint des mots. Ses peintures au spray et acrylique varient du petit au très grand format, et les mots ou phrases qui les composent peuvent souvent n’être perceptibles que dans un second temps. Les mots se fondent dans la composition bien qu’ils en soient la base, le moteur, les fondements et qu’ils remplissent la toile intégralement.

Ces mots ne sont pas choisis par hasard, ni pour leur potentiel séduisant ou drôle. Ils sont issus de la mémoire et des expériences personnelles de l’artiste. Celui-ci nous explique que c’est cette connexion personnelle avec les mots choisis qui donne l’intensité de la composition, et que sans association directe à un vécu les images sembleraient contraintes. Cela n’empêche pourtant pas ces mots de suggérer aux regards extérieurs des rencontres de sens. Les mots d’Abbott ne sont pas enfermés dans son expérience propre, mais irradient, et sont un point de rencontre entre une expérience et toutes les autres.

La décision formelle est dictée, ou informée, par le rapport que l’artiste entretient avec chaque mot. Abbott aime travailler au spray pour couvrir rapidement de larges espaces. Il utilise aussi la brosse et l’acrylique, en contrepoint de cette uniformité mécanique. Le spray produit des images directes et donne à l’artiste la sensation de ne pas être dans le contrôle total. Il compose aussi ses formes à l’aide de scotch, et s’intéresse à l’utilisation historique de la « grille » dans l’écriture. Les lettres traitent du vertical, de l’horizontal, et de la diagonale. « Avec des diagonales, on peut faire des triangles, et aussi des diamants. Les autres formes et lignes peuvent être superposées, et dedans les mots, dans chaque peinture. Cela produit un mélange image/texte; lire et voir » JPA

C’est bien à ce jeu entre lire et voir que John Phillip Abbott éprouve notre regard. Des mots-images, des paysages empreints d’une histoire qui nous est inconnue mais qui transparait dans le traitement et le choix formel au sein duquel chaque mot est inscrit. On ne sait plus si le mot soutient l’image qu’il crée ou l’inverse. Toute hiérarchie a disparu entre le mot, son sens, et son image.

JV

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Galerie Sébastien Bertrand is pleased to announce the first exhibition in Switzerland of work by John Phillip Abbott (1975, Wisconsin, USA. Lives in Silver City, New Mexico, USA).

JOHN PHILLIP ABBOTT paints words. He works in spray paint and acrylic, in formats ranging from small to very large, and the words and phrases that compose them are often only perceptible when you look twice. The words blend into the composition, though they are its basis, its engine, and its foundation, and they fill the canvas entirely.

The words are not chosen at random, nor for their potential to be appealing or funny. They stem from the memory and personal experiences of the artist. He explains that it is the personal connection with the chosen words that gives the composition its intensity, and that without a direct association to actual experience, the images would seem forced. That does not, however, keep the words from suggesting encounters of meaning to those of us on the outside. Abbott’s words are not enclosed in his own experience, but radiate, and are a meeting point between one experience and all others.

Formal decisions are dictated, or informed, by the relationship the artist maintains with each word. Abbott likes to work in spray paint to cover large surfaces quickly. He also uses the brush and acrylic as a counterpoint to that mechanical uniformity. Spray paint produces direct images and gives the artist the feeling of not being in complete control. He also composes his forms using adhesive tape, and is interested in the historical use of the “grid” in writing. The letters address the vertical, the horizontal, and the diagonal. The diagonals can be used to create triangles, and diamonds as well. Other shapes and lines can be layered on, and within, words in each painting. Layers of all of these elements allows for figure/ground play, resulting in the melding of image and text; reading and seeing. ” – JPA. 

It is indeed with this play between reading and seeing that John Phillip Abbott tests our gaze. Word-images, landscapes marked by a history unknown to us but that transpires through the treatment and the formal choice within which each word is inscribed. We no longer know if the word supports the image it creates or the opposite. Any hierarchy among the word, its meaning, and its image has disappeared.

JV