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Michael Hilsman
23.0207.04.18

 

 

 

 

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La galerie est heureuse de présenter la troisième exposition personnelle de l’artiste Michael Hilsman (1984, Pasadena, CA).
Les peintures de Michael Hilsman sont composées d’objets et de personnages qui explorent l’absurdité, la magie, et la spiritualité latente du monde physique.
Investissant des classiques tels que le portrait ou la nature morte, et utilisant un large vocabulaire allant du naturalisme à l’expressionnisme, Hilsman construit des peintures monumentales dont les objets et personnages sont en état de dissolution et comme fragmentés, semblant souvent se détacher d’eux-mêmes et se former à nouveau, familiers et étrangers à la fois.
Qu’il s’agisse du corpulent personnage masculin ou des multiples flores et faunes, les sujets de Hilsman n’ont plus qu’un lien ténu et usé à leur propre matérialité. Ils sont maladroits, vulnérables, éphémères, et détériorés par le poids constant de la réalité. Fruits et légumes sont abîmés tandis que les nombreuses bizarreries du corps humain sont accentuées. Les images solides se décomposent alors que celles abstraites deviennent réelles, bloquées dans un état de réconciliation entre deux formes d’expérience, celle physique et l’autre intangible.
Un certain nombre d’objets et sujets sont récurrents, comme les dents, les murs, les racines, les chaussures, les mains, ou le personnage inspiré du corps de l’artiste. D’une nature très « spécifique » , ils sont des sortes de vaisseaux qui tiennent prisonnière leur propre essence, ou la mémoire que nous avons d’eux. Se référant ainsi à la vision proustienne, les objets de Hilsman ne valent pas vraiment pour eux-même, mais sont les déclencheurs d’une mémoire ou d’un savoir plus profond, d’une expérience humaine à la fois collective et personnelle.
« J’ai remarqué qu’un certain nombre d’objets apparaissent et réapparaissent au fil des ans dans mon travail. Ils sont pour moi comme les lettres d’un alphabet que j’essaie moi-même encore d’apprendre. » *
Les éléments narratifs sont fragmentés, apparaissant comme les détails incomplets et mystérieux en marge d’une scène principale invisible.
« C’est ainsi que je considère une bonne peinture-- « la partie émergée de l’iceberg » comme on dit. La peinture renferme quelque chose de bien plus large qu’elle-même. » * Michael Hilsman

« Je trouve très raisonnable la croyance celtique que les âmes de ceux que nous avons perdus sont captives dans quelque être inférieur, dans une bête, un végétal, une chose inanimée, perdues en effet pour nous jusqu'au jour, qui pour beaucoup ne vient jamais, où nous nous trouvons passer près de l'arbre, entrer en possession de l'objet qui est leur prison. (…)
Il en est ainsi de notre passé. C'est peine perdue que nous cherchions à l'évoquer, tous les efforts de notre intelligence sont inutiles. Il est caché hors de son domaine et de sa portée, en quelque objet matériel (en la sensation que nous donnerait cet objet matériel), que nous ne soupçonnons pas. »
Marcel Proust, « Du côté de chez Swann».

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The gallery is pleased to present the third exhibition of the american artist Michael Hilsman (1984, Pasadena, CA)
Michael Hilsman makes non-literal paintings of objects and figures that explore the absurdity, magic, and latent spirituality of the physical world.
Utilizing formats associated with classical painting such as portraiture and still life, and employing a wide visual vocabulary ranging from naturalism to expressionism, Hilsman builds monumental paintings whose objects and figures are in a state of dissolution and fragmentation, often seeming to disattach from themselves and form anew, appearing both familiar and foreign.
Whether it is the bulky male figures or the depictions of various flora and fauna, the figures and objects in Hilsman’s work have a frayed, tenuous connection to their own materiality. They are awkward, vulnerable, impermanent, and worn from the constant weight of reality. Fruits and vegetables appear bruised and the human body’s many absurdites and quirks are accentuated. Many times in Hilsman’s work solid images disappear and ethereal ones become concrete, locked in a state of reconciliation between physical and intangible experience.
Various objects and subjects reoccur in Hilsman’s work, such as teeth, walls, roots, shoes, hands or a figure drawn from the artist’s body. They have a specific nature in that they are vessels that hold their own essence prisoner, or the memory that we have of them. By referring in this way to the Proustian vision, Hilsman’s objects do not really have value in themselves, but serve as triggers of a memory or a deeper knowledge, a human experience both collective and personal.
"I've found that a number of objects have appeared and reappeared in my work over the years. I think of them as letters in an alphabet that I myself am still trying to learn." *
The narrative elements are fragmented, appearing as incomplete and mysterious details on the sidelines of an invisible main scene.
"This is how I think of a good painting--"the tip of the iceberg" as they say. The painting is unlocking something much larger than itself.* Michael Hilsman.

"I feel that there is much to be said for the Celtic belief that the souls of those whom we have lost are held captive in some inferior being, in an animal, in a plant, in some inanimate object, and so effectively lost to us until the day (which to many never comes) when we happen to pass by the tree or to obtain possession of the object which forms their prison. (…)
The past is hidden somewhere outside the realm, beyond the reach of intellect, in some material object (in the sensation which that material object will give us) which we do not suspect."
Marcel Proust, "Swann’s way".